Accueil Date de création : 20/10/08 Dernière mise à jour : 16/04/12 09:13 / 185 articles publiés

Kyrie eleison  (Quelques chansons) posté le mercredi 28 décembre 2011 14:21


Ce texte a été écrit à l'occasion d'un concours de chansons organisé par le site Oniris, il a été retenu et mis en musique par les musiciens du groupe D[3]zAxé...


Kyrie eleison

 

Pour les chairs putréfiées tout au fond des blessures,

Pour les cœurs excavés sous d’infectes moisissures,

Pour le soldat blessé, qui se meurt et s’étonne...

Kyrie eleison...

 

Pour le sang qui noircit sur des herbes qui crèvent,

Pour les soleils éteints qui ternissent nos rêves.

Pour cette ombre infidèle, qu’on lapide ou bastonne...

Kyrie eleison...

 

Pour le fils qui se cache pour éviter les coups,

Pour le chien torturé qui rampe à tes genoux,

Et le lièvre apeuré qui se cache et frissonne,...

Kyrie eleison...

 

Pour le coupable absous enivré de remords,

Et le paria damné qui trouve un réconfort,

Pour le chanteur aveugle que n’écoute personne...

Kyrie eleison...

 

Pour la mer qui s’envase au creux des coquillages

Quand les poissons croupis engloutissent les plages,

Pour la fleur opaline qu’un vent gris empoisonne...

Kyrie eleison...

 

Pour les ombres spectrales au bord des catafalques,

Pour les rêves nacrés que la folie décalque

En des cris silencieux qu’une gorge abandonne...

Kyrie eleison...

 

Pour les heures qui vacillent sans dessiller nos yeux:

"Matin des Magiciens"... "Crépuscule des Dieux"...

Pour un papillon d’or qui fane avant l’automne...

Kyrie eleison...

 

Pour le gueux affamé qui guette ton aumône,

Le moribond blafard qui implore une icône

Et le marin perdu qui attend l’accalmie...

My Lord, have mercy...

 

Pour l’écrivain maudit, sans gloire et sans fortune,

Pour la fille perdue qui pleure sous la lune,

Pour le vieillard fourbu que le mal asphyxie...

My Lord, have mercy...

 

Pour les larmes séchées au fond des nécropoles

Comme des cantiques muets à de muettes idoles

Tels ces anciens arcanes aujourd’hui oubliés...

Seigneur, ayez pitié...

 

Pour les sources sacrées d’où coulait la Parole

Sous les piliers gothiques aux flamboyants symboles

Où d’antiques zodiaques guident les initiés...

Seigneur, ayez pitié...

 

Pour les galaxies bleues déployées en corolle

Où des Pierrots transis crèvent de nos véroles

Dans des scaphandres mous aux entrailles broyées...

Seigneur, ayez pitié...

 

Pour les Dieux assoupis par nos fades prières

Vers un Ciel enlisé sous des corps de poussière

Et des âmes plaintives qui se magnétophonent...

Kyrie eleison...

 

Pour les chemins obscurs ou chemins de lumière,

Dans les Verts Pâturages où glisse une rivière...

Pour les Miserere, et pour le glas qui sonne...

Kyrie eleison...

 

Pour le lièvre apeuré qui se cache et frissonne...

Pour la fleur opaline qu’un vent gris empoisonne...

Pour les Miserere, et pour le glas qui sonne...

Kyrie eleison...

 

Fichier hébergé par Archive-Host.com

 

 

 

 

 

 

 

lien permanent

vous avez entre 27 et 87 ans...  (Quelques découvertes..) posté le mardi 27 décembre 2011 15:55

Blog de gerardw :GERWAL     'des mots, des phrases, des textes... des dessins...', vous avez entre 27 et 87 ans...

Une nouvelle revue, qui vient de sortir:         Schnock  

Si vous aussi, vous ressentez l'envie d'échapper à l'hystérie de l'époque en faisant un pas de côté et en tournant poliment le dos au jeunisme ambiant, cette revue est faite pour vous. Elle vous fera replonger dans des œuvres parfois oubliées, rencontrer des personnages hauts en couleur, mémoires encore vivaces de notre patrimoine culturel, vous permettant ainsi de satisfaire vos goûts de jeune ou vieux Schnock. Ni rétrograde, ni passéiste. Schnock, donc. Tout bonnement.

Alors rejoignez-nous

Fichier hébergé par Archive-Host.com

 

... et que je viens de découvrir...
au sommaire:

p.3 l'édito
p.6 Le Trombinoschnock
P.8 Schnock des cultures
tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Schnock &tc.
p.10 « Bien entendu c'est on»
p.14 Le scandale Mabulle
p.15 Faut-il un Cinestudio pour Boulogne-Billancourt ?
p.17 Au Monoprix avec François Simon
p.19 S'habiller Schnock
p.24 « Le Guide du Routard de mon appartement » par Matthias Debureau
p.28 Sur les traces d'Isadora Duncan par Nicole Garon
P.30 les Schnocks parlent aux Schnocks
p.32 Le Grand Dossier - Jean-Pierre Marielle
« J'aime quand ça dérape » Une interview de Jean-Pierre Marielle
« Une sorte d'hypertrophie dans la dérision » Joël Séria se souvient de ses quatre films avec Marielle  *  Les Perles des Galettes
« Mon tournage avec Séria » par Helena Noguerra
« Mes souvenirs des Galettes » par Andréa Ferréol
Marielle vu par Jean-Paul Belmondo
« Nos débuts » par Guy Bedos
Notre Top  10
p.62 Les années Actuel de Bernard Kouchner par Laurence Rémila
p.74 Adolfo Kominsky, Le Faussaire de la Résistance  par Tristan Ranx
p.82 Les Confessions d'un «Collaro-Boy» par Jean-Noël Gabilan
p.92 Claude Puterflam, Monsieur Pop Française par Guillaume Fédou
p.98 « J'ai fabriqué les derniers gadgets de Pif ! » par Philippe Baumet
p.110 L'histoire de revue de BD féministe Ah ! Nana par Eléonore Quesnel
p.116 Le Come-back d'un masque par Arnaud Le Gouëfflec
p.122 Une visite chez Cizia Zykë par Sébastien Bardos
p.128 « Comment j'ai raté mon interview d'Eddy Mitchell » par Alister
p.142 Marcel Mathiot, le Vieil homme qui aimait les femmes par Jean-Luc Bitton
P.148 Schnock chez soi
lectures & autres Loisirs de chambre
pp.150-161 Critiques de sorties diverses et non avariées
p.152 Les Histoires Pat Hobby de Fitgerald par Hélèna Villovitch
p.156 Je vais craquer de Leterrier par Christophe Ernault
p.160 Idiote je t'aime de Charles Aznavour par Alister
p.162 Les Biscuits Schnock
p.170 « Toute l'Histoire humaine s'avance vers un seul et unique but », une nouvelle de Tristan Garcia
p.175 The Residents au Mexique par François Olislaeger
p.176 « Chagrin d'Avedon » par Benoît Sabatier

 

 

 

14 euros... dans toutes les bonnes librairies...
et, en prime:le lien vers le site de la revue..   http://larevueschnock.com/

 

lien permanent

Un pull-over mauve  (Quelques textes) posté le vendredi 06 mai 2011 19:43

 

Un pull-over mauve

 

 

 

On était quelques compagnons de misère, maigres, tremblants, entassés dans le même baraquement, mal chauffé l'hiver, mal ventilé l'été.

Parfois, les plus vieux ou les plus faibles d'entre nous, recevaient la visite d'un docteur... Oh, non... pas pour des soins, mais pour « abréger leur souffrance », comme il disait... on ne les revoyait ni ne les entendait plus.

Sinon, pour nous, pour les autres, si ce n'était pas le paradis, ce n'était pas l'enfer non plus: chacun avait une paillasse où dormir et un ou deux repas par jour et de l'eau à volonté... et une ou deux promenades hebdomadaires nous permettaient de passer le temps.

Les jours, les nuits, les semaines et les mois passaient tous ainsi, monotones, sans joie mais, finalement sans ennui... on finit par s'habituer à tout...

De temps en temps, quelque passant pressé venait nous rendre visite. Je n'ai jamais su, depuis le triste local où je vivais, si ils venaient poussés par une curiosité malsaine, par une charité sincère ou par quelque autre intérêt...

Et, je m'en souviens comme si c'était hier, un mardi du mois de mai, en fin de matinée, je la vis... je la regardai avec une intensité dont je ne me savais plus capable, je la regardai, pour fixer dans ma pauvre mémoire engourdie tous les détails que j'apercevais au travers des mailles du grillage qui nous séparait: son visage, son sourire, ses yeux, ses mains, sa démarche, ses vêtement... je m'en souviens comme si c'était hier, une longue jupe beige et un pull-over mauve.

Je la vis, et je la regardais comme je ne savais pas que l'on pouvait regarder ainsi quelqu'un... Et puis, elle me vit... et elle me regarda, comme j'avais oublié que l'on pouvait me regarder...

Elle se détourna enfin de moi, hésitante et troublée, me sembla t-il, et s'en alla voir madame Claudine, la directrice.

 

Madame Claudine vint vers moi, retira mes chaines et me dit simplement:

« T'en as de la chance... tu pars avec la dame... »

La dame au pull-over mauve s'approcha alors de moi, me serra dans ses bras et caressa tendrement et chastement mon front et mes épaules.

Je sentais une jalousie teintée d'agressivité dans les yeux de mes anciens camarades de malheur... mais ainsi va la vie.

 

Elle avait une grande, très grande maison, trop grande pour elle seule. J'appris par la suite qu'elle avait perdu son mari, mort dans des circonstances dont je n'ai jamais rien su, et qu'elle se sentait trop seule un peu abandonnée et vulnérable, peut-être, d'où ma présence à ses côtés, jugée à la fois indispensable et non dénuée d'agréments.

Je passais le plus clair de mon temps à m'occuper de mon mieux dans le grand jardin, quand le temps le permettait ou, s'il pleuvait trop ou qu'il faisait trop froid, j'allais m'allonger tranquillement sur son canapé ou sur son lit... une vie rêvée, quoi...

Nous faisions souvent ensemble de longues promenades au cours desquelles elle me parlait de tout et de rien, des discussions auxquelles je faisais semblant de m'intéresser, rien que pour la voir me sourire...

Parfois, souvent, même, je partageais ses repas et ses soirées télé: des programmes que je suivais d'un œil distrait, il faut bien le reconnaître...

 

Mais tout a une fin dans ce bas monde.

Pour moi, le commencement de la fin fut ce jour maudit ou un monsieur rentra avec elle et me découvrit allongé sur le tapis du salon:

« Tu m'avais pas dit que t'avais un clebs... tu sais, moi, ces bestioles là, moi, j'ai du mal avec... si on veut le garder, faudra qu'il crèche dehors... ça pue et ça gueule, ces connards de chiens, et c'est plein de poils et de puces.... »

Quand ils étaient tous les deux à la maison, c'était sans cesse de longues disputes dont je sentais bien que j'étais le principal responsable.

Et cela se terminait, en ce qui me concerne, tantôt par un bisou furtif entre les oreilles, tantôt par un coup de pied sournois dans les côtes... je ne vous fait pas de dessin...

 

Plus tard, le monsieur avec ses valises s'installa définitivement, semble t-il, dans la grande maison.

A partir de ce jour, mon univers se limita à une pauvre cabane en planches (trop petite) avec quelques chiffons (trop sales) comme literie (dont, ironie du sort, ce vieux pull-over mauve qu'elle portait le jour de notre rencontre), sans oublier une chaine en acier (trop courte) et un collier en mauvais cuir (trop étroit) plus une gamelle en plastique (trop vide, la plupart du temps)... C'est ce que je dirais si j'avais le cœur à sourire...

 

Pourtant, un jour, je m'en souviens comme si c'était hier, un samedi du mois de novembre, en fin d'après-midi, j'ai cru que nos longues promenades allaient reprendre: j'ai eu le droit de monter dans la voiture du monsieur avec, pour m'isoler du plancher, ce fameux pull-over mauve (dans le coffre, bien sur, mais dans sa voiture quand même...). Nous avons joué ensemble un court moment dans la forêt mais, sur le coup, je n'ai pas bien compris pourquoi ils m'ont attaché à cet arbre ni, bien longtemps après, pourquoi ils avaient oublié de me détacher en repartant... trop pressés de rentrer chez eux, peut-être... une étourderie d'amoureux, me suis-je dit.

J'ai eu beaucoup de mal à déchirer la corde qui me retenait prisonnier, la nuit était venue et la pluie commençait à tomber. Ils avaient oublié aussi, le petit pull-over mauve.... Bien qu'il fut un peu sali et usé, je le pris le plus délicatement possible entre mes dents, avant de me mettre en chemin.

Comble de malchance, la forêt où nous venions de passer de si bons moments m'était inconnue et était assez éloignée de la grande maison, et j'ai eu beaucoup de mal à retrouver mon chemin. J'ai mis de longs jours à me repérer, à traverser des bois et des champs inconnus, des villages hostiles ou à longer des routes périlleuses.

 

C'est la voix du monsieur que j'entendis et reconnus, en arrivant chez nous:

« Merde!... T'entends pas, ou quoi... T'entends pas qu'y a quelqu'un à la porte ? Tu vas voir ou alors c'est moi que je m'déplace... »

En ouvrant, elle ne sembla pas me reconnaître immédiatement... il faut dire que je n'avais pas bonne mine, efflanqué, avec mes poils mouillés par la pluie, une vilaine plaie sur le côté et mes pattes et ma truffe ensanglantées.

Je la regardai, encore une fois, une dernière fois... Je la regardais comme je ne savais pas encore que l'on pouvait regarder quelqu'un ainsi...

Je me couchai lentement à ses pieds.

Et puis, je fermai enfin mes yeux, pour toujours, le nez enfoui dans son odeur qui imprégnait toujours, mais si peu, son pull-over mauve.

lien permanent

Nos amies les bêtes (1)  (Quelques textes) posté le vendredi 12 novembre 2010 20:42

 

Les animaux des zones humides:

 

Notre amie la serpillère.

 

Faut pas croire...

Parmi les espèces menacées et parfois méconnues, vivant en milieu plus ou moins humides, il y a la poule d'eau, le canard sauvage... Et, disons, un  raton laveur... par exemple. Et aussi, la baleine... et le poisson rouge...

Mais... n'oublions pas la serpillère.

 

Faut pas croire, justement...

La serpillère (« wassingus vulgaris ») peut être rattachée à la famille des éponges. Non !... « doit » être rattachée...! à la famille des éponges... Attention... nous parlons ici et ce soir, de l'éponge type« spongex-spontexus », animal marin « hydrophilois » et vivant donc dans l'eau, et non de son homonyme l'éponge « hydrophobe » (qui ne supporte pas l'eau) et dont le représentant le plus connu est le « boit-sans-soif », assez répandu à proximité de certains débits de boisson. Je ne veux parler, ici, ni des débits de lait, ni des débits de l'eau....Mais ceci, bon...nous éloigne un peu du sujet...

La plus connue des serpillères est la serpillère dite « domestique »: domestiquée, justement, par l'homme à une époque déjà ancienne, essentiellement pour servir de compagne fidèle et dévouée à sa compagne fid'...Sa compagne à lui, l'homme... disons, son épouse, par exemple. Malheureusement, son rôle s'est, peu à peu, transformé pour se réduire et se cantonner à des tâches ménagères, souvent ingrates, bien que, disons... parfois indispensables. Le rôle de la serpillère, hein... parce que le rôle de l'épouse... enfin, bon, bref... on est d'accord, disons... mais tout ça nous éloigne un peu, aussi, du sujet...

Cependant, certaines personnes ne connaissent pas très bien les qualités de la serpillère... Pourtant... la serpillère domestique est si peu exigeante... un coin de placard, un seau et quelques gouttes de détergent de temps en temps pour une petite sortie quotidienne... hebdomadaire ???... mensuelle ???... et voilà votre intérieur, le plus modeste soit-il, qui prend soudain un air frais et coquet...

Et n'oubliez pas...vous éprouverez encore plus de joies et de satisfactions si vous trouvez un petit compagnon de jeu à votre serpillère. Beaucoup, et je vous le conseille, ont choisi le balai-brosse, gentil petit animal de nos forêts. Un peu comme un hérisson, mais avec un grand cou... Et n'ayez crainte, je peux vous assurer que ce petit couple, qui deviendra vite inséparable, fera bon ménage... c'est prouvé, oui, très bon ménage...

Mais prudence... méfiez vous des croisements inopportuns qui pourraient survenir à l'insu de votre gré... Certes, le joli petit balai à franges qui serait le fruit de cette union ferait légitimement votre fierté, voire votre... disons... agrément, mais gardez à l'esprit que cet instrument qui devrait cumuler les qualités de l'un et de l'autre de ses parents, n'héritera, le plus souvent, que de leurs défauts respectifs... Alors, pensez à les stériliser, l'un comme l'autre... disons...régulièrement. Un peu d'eau de Javel (hypochlorite de sodium - Na.Cl.O) fera l'affaire, dans la plupart des cas.

Méfiez-vous également des serpillères naines appelées familièrement lavettes... On sait que, habituellement, les lavettes font preuve de peu de courage et de cœur à l'ouvrage. D'où l'expression.

Mais un troupeau de serpillières, convenablement utilisé, se montrera également fort utile en cas de catastrophe naturelle, comme un joint qui fuit ou une baignoire qui déborde.

 

Faut pas croire, surtout... mais la serpillère est très fragile, voire délicate, sous son aspect rustique:

La serpillère, bien que n'étant pas spécialement de mœurs nocturne, redoute parfois la lumière, même la plus faible et la plus discrète; prenons un exemple: n'importe quel mari, rentrant chez lui vers, disons... 2 ou 3 heure du matin, le plus prudemment possible, en étouffant au mieux certains... disons... rots ou hoquets incongrus et intempestifs et en s'éclairant un tout petit peu avec une minuscule lampe de poche, vous dira combien il aura pu être surpris et fort étonné par un vol de serpillère affolée qui lui arrive sans prévenir en pleine poire. Surtout s'il a ses souliers boueux. Mais même sans ça.

La serpillère, comme tous les animaux des milieux humides, craint aussi la sécheresse et la chaleur: si vous en laissiez une, par mégarde, disons, abandonnée quelques heures sur un fil dans votre jardin ou sur votre balcon, vous ne tarderiez pas à la voir se dessécher, presque se momifier en quelque sorte, jusqu'à ressembler à un tricot de porc tricoté par Thérèse pour S.O.S. Détresse-Amitié un soir de Noël, et seul un bain prolongé dans une eau plus ou moins claire lui redonnera un peu d'allure.

 

Faut pas croire, non plus...

La serpillère n'est pas, contrairement à la grue ou la sarcelle, un animal migratoire...euh... migrateur... Bien que, on peut la considérer comme à demi-grattoir... gratteuse, disons... grattante... pour gratter, quoi !... mais ceci, encore, bon... nous éloigne aussi...

Mais, surtout, la serpillère est actuellement une espèce en voie de disparition.: de même que certaines plantes exotiques dites « invasives », importées volontairement ou accidentellement, ont tendance à se développer au détriment de certains végétaux de notre écosystème,disons... autochtone, la serpillère voit sa population diminuer à cause des importations massives de lingettes (« chiffonus synthéticum »), artificiellement colorées et trop souvent gavées de produits chimiques dangereux autant qu'inutiles par des éleveurs avides et sans scrupule.

 

 

Mais... faut pas croire: tout ce que je viens de vous raconter... faut y croire !

Ou pas...

En tous cas, n'hésitez pas: adoptez une serpillère! C'est bon pour l'environnement, et c'est bon pour la planète.

 

 

lien permanent

Ce que dit celui qui est à sa fenêtre.  (Quelques textes) posté le lundi 11 octobre 2010 18:34

Blog de gerardw :GERWAL     'des mots, des phrases, des textes... des dessins...', Ce que dit celui qui est à sa fenêtre.

 

Ce que dit celui qui est à sa fenêtre.

 

 

Il a plu cette nuit,

Le ciel est encore gris, mais je n'allume pas la lampe.

 

Ils parlent, à la radio, d'un accident sur l'autoroute.

Les Favre ont changé de voiture... quand on sait c'que ça coûte...

 

Le facteur vient de passer et je n'ai pas eu de lettre,

Ce sera pour demain, sinon, après-demain... peut-être.

 

Il a plu cette nuit.

 

Cette année, la saison des moissons a pris du retard.

Il y a les nouveaux horaires à l'arrêt d'autocars.

 

On ne peut plus passer sur l'ancien chemin du canal.

Le fils des Le Tarnec n'est pas sorti de l'hôpital.

 

Il a plu cette nuit.

 

Une fête foraine installe ses jeux sur la grand place.

Le curé qui se fait trop vieux va quitter la paroisse.

 

Près du mur du cimetière, des roses blanches se fanent.

Mardi prochain ce sera l'enterrement de Marie-Jeanne.

 

Il a plu cette nuit.

 

Des enfants jouent sous les tilleuls, dans la cour des écoles.

L'institutrice et le fils du maire vivraient à la colle.

 

Suzanne a cueilli quelques pommes, elle va faire une tarte.

Tantôt, Marcel devrait venir et nous jouerions aux cartes.

 

Il a plu cette nuit.

 

Devant la poste, cinq ou six femmes parlent à voix basse.

Un chien grogne après la voiture des Parisiens qui passe.

 

Au bar du Balto plusieurs clients se pressent au comptoir.

Le patron leur raconte une fois de plus la même histoire.

 

Il a plu cette nuit,

Les gendarmes sont toujours dans les bois près de Malemort.

Les journaux n'ont rien dit...

Pas encore...

 

Gerwal - 2010

lien permanent
|
ouvrir la barre
fermer la barre

Vous devez être connecté pour écrire un message à gerardw

Vous devez être connecté pour ajouter gerardw à vos amis

 
Créer un blog